Pourquoi nous devenons tous bizarres ?

La masse n’existe plus. Bienvenue dans l’ère du bizarre et des tribus.

Les campagnes politique ne sont plus les mêmes (l’élection de Trump est frappante là-dessus)

Il y a beaucoup plus de personnes avec des avis différents qu’avant.

Et il y a aussi beaucoup plus de personnes qui peuvent trouver des semblable avec qui ils vont partager leur passion, leurs idées, leur hobbie, leur mission…

Et beaucoup d’opportunité pour les créateurs de vivre de leur passion et se connecter avec d’autres passionnés comme eux.

Je te propose un résumé du livre « We Are All Weird » de Seth Godin. (EDIT : je viens de me rendre compte, que le livre existe aussi en Français, sous le nom : Nous sommes tous singuliers : Exit le marketing de masse !)

Ce résumé explique le changement de la masse vers celui des tribus.

C’est un excellent livre pour comprendre le monde d’aujourd’hui.

(C’est mon premier résumé de livre, j’ai ajouté aussi références, idées de moi…)

Qu’est ce que la masse, les bizarres, les riches ?

La masse c’est la conformité, l’uniformisation.

Par exemple, quand une marque vend un sèche-cheveux, elle va vendre ce même sèche cheveux à tout le monde.

Elle va vendre le même sèche cheveux aux personnes qui ont des cheveux bouclés, qu’aux personnes qui ont des cheveux lisse.

Elle va vendre le même sèche cheveux aux personnes qui aiment le bleu, qu’aux personnes qui aiment le jaune.

Cette marque va vendre son sèche-cheveux gris à tout le monde, peu importe leurs goûts, leurs caractéristiques etc…

Elle ne va pas essayer de parler précisément à un groupe de personnes (les personnes qui ont des cheveux bouclés par exemple), elle va parler à tout le monde.

Elle va essayer de toucher tout le monde, de vendre à tout le monde.

Ce modèle-là, de masse, va de plus en plus être l’exception. Jusqu’à être réduit à son minimum.

Ça ne va plus être possible de parler à une masse de personnes.

Maintenant, il faut s’adresser à une communauté de personnes.

C’est ce que Seth Godin appelle « les bizarres »

Les bizarres, c’est des personnes qui ne se conforme pas à la normalité que propose la masse – au moins pour une partie de leur vie.

Les personnes bizarres le sont par choix.

Pour faire des choix il faut être riche.

Pas riche dans le sens où tu peux t’acheter un palace et une voiture de sport.

Mais riche dans le sens où tu peux faire des choix.

Par exemple, une personne peut être riche en vivant dans un petit village d’Inde, parce qu’elle a la possibilité de faire des choix et qu’elle peut avoir un impact sur sa tribu (j’explique ce qu’est une tribu après)

En gros, pour être riche, il suffit d’avoir ses besoins élémentaires de combler (nourriture, eau…), d’avoir assez de temps, et de pouvoir communiquer avec un « marché ».

Les tribus

Les humains préfèrent s’organiser en tribu, en groupe de personnes qui partagent une culture, une même définition de la normalité, une mission, une passion…

Les personnes en dehors de la tribu, considéreront les personnes de la tribu comme bizarre, parce qu’elles ne partagent pas la même définition de la normalité. Chacun à sa définition de la normalité.

Internet à permis à plein de tribus d’émerger et d’être amplifié.

Un bon exemple pour s’en rendre compte et de regarder les subreddit qui existent.

Au hasard :

MachinePorn (plus de 700 000 membres), un groupe qui partage des photos de machine ancienne ou avec des concepts ingénieux, avec des mécanismes incroyables…

Bodyweight Fitness (plus d’1 million de membres), un groupe de discussion autour de la musculation uniquement au point du corps.

elementary OS (plus de 16 000 membres), un groupe de discussion autour d’un système d’exploitation Linux.

Broadway Bootlegs (plus de 5000 membres), un groupe d’échange d’enregistrement musicaux d’artistes qui se sont produit sur l’avenue Broadway à New York.

Il est beaucoup plus facile aujourd’hui de se connecter et d’échanger avec des personnes qui ont le même hobbie, les mêmes idées… que toi.

Pourquoi le marché de masse ?

Le marché de masse, est apparu parce qu’il fallait être productif.

Les usines sont arrivées et ensuite le marché de masse à suivi. Pas le contraire.

La personnalisation n’est pas productive pour une usine.

C’est plus simple de proposer le même ciseau pour tout le monde, même pour les personnes gauchères, que de proposer différents ciseaux en fonction des caractéristiques et des goûts des personnes.

Il faut juste que les personnes se conforment à normalité de la masse (ce qui n’est pas compliqué quand il n’y a pas d’autres choix, ou qu’il y a de la pression sociale)

Si la masse est conforme alors c’est le jackpot.

Le mal de la masse

Nous vivons dans le concept de la masse depuis tellement longtemps que nous ne remarquons même plus à quel point elle est ancré dans notre vie quotidienne.

Elle est ancrée dans l’enfant à qui l’ont a dit de ne pas porter une cape Batman à l’école, parce que les autres enfants ne le font pas.

Elle est ancrée dans le lycéen qui tombe malade en buvant la bière pour s’intègrer à son groupe de pair, qui pensent que tout ce que leur dit la publicité est cool.

Elle est ancré, dans l’enfant lent, l’enfant rapide, la fille qui veut être dans une équipe de football – chacun d’eux sont des exception, des abérations, des bizarreries à être éliminé pour la masse.

L’entreprise qui a besoin d’employés, veut en trouver des normaux.

C’est plus facile comme ça.

Plus facile d’embaucher et d’entraîner un travailleur qui n’a jamais eu de mal à rentré dans le moule et qui n’aura aucun mal à suivre les instructions qu’on lui dit.

Pourquoi il y a moins de masse ?

Un américain de 30 ans à vu la part de marché des trois gros réseaux de télé passer de 90% à 30%.

S’il y a plus de choix, il y a moins de masse.

Il y a 40 ans, ce n’était pas inhabituel d’avoir un livre best-seller qui restait au sommet de la liste pendant 1 an.

Parce que nous passions beaucoup de temps à essayer de lire ce que tout le monde lisait, à essayer de regarder ce que tout le monde regardait.

Maintenant un best-seller reste au sommet de la liste pour 1 semaine ou 2, et ensuite il fait la place à un autre.

Parce qu’une tribu, chacune à son tour, nomine un best-seller.

Un hit peut être un son de rap, puis un son pop, ou un thriller, puis une comédie, ou un livre de politique, puis un livre pour les mamans.

Publier un livre, vendre une peinture, ou personnaliser sa voiture ou sa maison, peu importe ta passion, c’est plus facile de le faire.

Si tu vas sur Etsy tu peux acheter une machine à écrire qui a été modifié pour inclure un câble USB que tu peux brancher à ton ordinateur. Ça permet à Jack Zylkin, le constructeur de pouvoir vivre sa passion. C’est quelque chose que le marché de masse n’aurait jamais pu proposer.

C’est possible grâce à l’effet de connexion et d’amplification d’internet (qui n’existait pas il y a 40 ans)

Nous avons de moins en moins besoin de nous concentrer sur notre survie, et nous pouvons de plus en faire de choix, donc nous devenons de plus en plus bizarres.

Il y a 2200 ans, il fallait travailler cinquante heures pour acheter une heure de lumière à une lanterne à huile de sésame.

Aujourd’hui, tu peux acheter une heure de lumière propre et brillante en une demi-seconde environ.

Nous pouvons faire plus de choix, parce que nous sommes plus riches, donc nous devenons de plus en plus bizarres. Et donc il y a moins de masse.

Les avantages du bizarre

Le changement de la masse vers la communauté va nous permettre d’embrasser la liberté qu’on a. La liberté de choix, la liberté d’être bizarre.

Mais il y a plus que de pouvoir vivre sa passion.

Grâce à la facilité des tribus à se connecter, elles font vivre des idées qui autrement aurait été abandonnées.

Il y a 40 ans, c’était impossible pour un citoyen normal de créer une histoire, une photo, ou un appareil qui puisse influencer, changer ou s’introduire dans la conversation de la société.

Mais ce n’est pas tout :

Les communautés permettent de nous améliorer.

En postant notre travail en ligne, les autres membres peuvent l’améliorer et s’améliorer.

Aussi, le bizarre contribue au bonheur.

Embrasser notre différence et pouvoir la vivre, la liberté de pouvoir faire des choix, et l’habilité de pouvoir être entendu sont les facteurs les plus corrélés avec le fait d’être heureux dans le monde (d’après Ronald Ingleheart et d’autres chercheurs)

L’opportunité de vivre là où tu veux vivre, d’exprimer ce que tu ressens, d’exprimer tes désirs, de choisir ton chemin, tous ça contribue à ton bonheur.

Comment atteindre les bizarres

Aujourd’hui, les bizarres sont plus importants que la masse, parce que la masse sont les bizarres.

Si tu continues d’essayer de toucher tout le monde, de plaire à tout le monde, tu vas échouer. Tu as besoin d’abandonner la masse pour plaire à une communauté.

Et pour ça tu dois décevoir des personnes, qui ne font pas partie de ta tribu (et qui de toute manière vivraient très bien sans toi).

Il faut juste que tu sois très important pour un petit nombre de personnes.

Il ne faut pas prétendre être bizarre. Il faut vraiment l’être.

L’auteur a écrit le livre dans une chambre d’hôtel (Andaz Hotel) à Los Angeles.

Et c’est un hôtel qui essaye d’être bizarre.

Sauf qu’il ne l’ait pas.

L’album des Beatles encadré sur le mur est trop prédictif. La gomme avec marquée « oops » dessus. Le bloc de papier trop astucieux. Les personnes à l’accueil qui récitent un script en prétendant être bizarre.

Tous ça semble artificiel, ça a été pensé par un comité, pas par des personnes passionnées.

C’est le travail d’un marketeur qui essaye de plaire à une tribu à laquelle il ne fait pas partie.

Et ça ne marche pas.

Tu ne peux pas plaire à une tribu en n’en faisant pas partie. Paraitre ne suffit pas. Il faut être. Point.

Un point sur l’éthique

Il y a certains risques aux tribus.

Les tribus ont besoin de leaders qui se trouvent parfois aspirés par le pouvoir que leur confère le job.

Une des manières de maintenir une tribu est de demander la conformité.

Si tout le monde porte la même casquette, parle le même langage ou pratique les mêmes rites, la tribu gagne du pouvoir.

Si je peux dire que d’autres groupes, ne sont pas juste différents du nôtre, mais ont faux, ça augmente le pouvoir du leader et de la tribu sur les personnes qui la compose.

Souvent, en demandant de faire respecter une conformité, notre tribu se transforme en religion.

Quand la religion cesse d’être à propos de la fois, de l’espoir, de la connexion, de l’amour, du changement positif, et qu’elle commence à se concentrer sur la conformité, alors c’est un retour en arrière, qui épouse l’ancien concept de la masse.

Jouer la carte de la moralité est un faible moyen de construire une tribu.

Attention à bien comprendre ce que tu es en train de construire : une religion ou une tribu ?

Et est-ce que ta création enferme les personnes dans une conformité ?

Attention à ne pas dériver.

Pour finir

La masse fane.

Les seules choses qui poussent contre cette tendance sont la mentalité de l’usine et le préjugé culturel en faveur du respect des règles.

C’est là où nous en sommes en tant que culture en ce moment – nous sommes beaucoup plus bizarre qu’avant.

Il ne fait aucun doute qu’il aura des retours en arrière en cours de route.

Un choc, un incident, une révolution se produira et nous redeviendrons momentanément des moutons.

Mais ça ne sera normalement pas pour longtemps. Parce que notre instinct tend vers le bizarre, pas vers la conformité.

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