Le Comptoir, le hardware autrement

Je ne sais même plus comment je suis tombé sur le Comptoir du hardware

Mais je me souviens que j’ai été frappé par le côté atypique du site.

Tu es accueilli par une bannière « le seul site de hardware qui a la classe internationale » ou encore « Désintégrateur de bullshit depuis a long time ago » (petit tips : la bannière change à chaque rafraîchissement de page)

Leurs articles sont francs, détaillés, parfois décalés, bien loin des contenues superficielles qui sont uniquement écrits pour faire cliquer sur un lien affilié Amazon.

La zone commentaire est vivante, tu peux retrouver des bonnes discussions à l’intérieur.

Du coup, j’avais besoin de comprendre un peu mieux le projet :

Tu est Pascal, le big boss du site, c’est ça ?

Je suis Pascal, dixit mon état civil. Parfois Raoul, parfois Robert et parfois, aussi, papa. Faut voir, donc. J’ai plein de casquettes.

Pas vraiment de bigboss sur le Comptoir, je préfère considérer le Comptoir comme une union de talents où chaque électron, s’il est libre et diligenté par sa spécialité, évolue au sein d’une structure plus complexe où chacun des rôles complémente les autres.

Tu peux raconter un peu l’histoire du Comptoir ? Depuis quand ça existe ? Pourquoi ça a été créé ?

Comme nous l’expliquons ici (boulet !), l’équipe du comptoir a été montée initialement par des passionnés évoluant dans ce qui était à l’époque un forum plutôt orienté technique/power users, dans le but de partager nos expériences respectives et d’en parler avec une tonalité différente de ce que nous pouvions trouver alors. Pour ma part, j’ai toujours aimé monter des projets et c’est assez naturellement que cette idée, dans une mouvance très « années 2000 » où presque tout était possible sur le web, s’est transformé en quelque chose de plus organisé. Après 2,5 ans d’activité, d’autoformation de toute l’équipe, dont une bonne partie est toujours au poste aujourd’hui, nous avons créé le Comptoir en 2009 tel qu’il est connu à ce jour.

Et donc si j’ai bien compris personne ne vis du site ? Tous le monde est bénévole ?

Tu as fort mal compris 😉 Le Comptoir a pu exister et se développer initialement grâce au travail bénévole de chacun, mais le but affiché était tout de même d’atteindre une rentabilité minimale permettant à minima que le temps investi ne le soit pas en pures pertes. Aujourd’hui après une bonne grosse décennie d’activité cela reste un complément d’activité, et c’est là le but recherché, puisque c’est aussi une manière de ne pas en être dépendant que ce soit sur le plan financier comme temporel, et donc un levier pour garder toute l’indépendance éditoriale nécessaire face à l’industrie. Un choix dont nous sommes assez fiers mais qui n’est pas de tout repos à assumer au quotidien.

Aujourd’hui est-ce que vous avez beaucoup de nouveaux lecteurs ? Parce que de mon côté j’ai l’impression que les moteurs de recherche n’affichent quasiment plus de site indépendant ou de blog dans leurs résultats, uniquement des sites commerciaux (ou blog vraiment très optimisé pour le référencement)

Ce n’est pas tout à fait vrai, les moteurs de recherche et en particulier l’ami google favorisent les contenus autant que les balises, et nous en sommes le parfait exemple. Je m’explique : de par notre organisation, nous avons parfois des délais de traitement de l’information qui peuvent être un peu plus longs que des médias officiants sur le même secteur, soit parce-qu’on bosse tout simplement, soit parce que la recoupe ou analyse de données prend plus de temps. En parallèle à cela, nous avons un site qui est techniquement aux fraises, genre vraiment, et pas du tout optimisé pour un support mobile. Ces derniers éléments pénalisent le trafic général du site, et notamment celui issu des moteurs de recherche. Cependant, je constate régulièrement qu’un sujet porteur traité dans les temps sait générer un trafic important. C’est assez variable in fine, mais il est évident que tenir une baraque sur internet aujourd’hui c’est être pro actif sur une multitude de supports ou d’outils et de tenir une veille quasi permanente afin d’être dans la course.

Vous mettez un point d’honneur à être indépendant, d’ailleurs il est écrit sur votre site « Le Comptoir est, et restera -sinon crevera- un media 100% indépendant ». Tu trouves que les médias dans votre domaine ne sont pas assez indépendant ?

En effet, et le système d’influence à la youtube n’aide pas non plus. C’est très dommageable pour la sphère médiatique ou les créateurs de contenus en général qui y perdent en crédibilité. Sans prétendre à être ce que nous ne sommes pas, c’est malheureusement un constat qui peut s’étendre à pas mal de domaines, que les liens soient dans l’industrie concernée, ou plus politiques.

J’ai vu que vos articles sont sous licence creative commons (CC BY-ND 4.0 pour les connaisseurs). Tu peux expliquer un peu ce choix ?

C’est dans la logique de notre vision du web et du Comptoir, qui perdure aujourd’hui dans un système de consultation totalement gratuite où le lecteur n’est pas le produit. Nos contenus sont disponibles à tous, et tout le monde est invité à les partager pour en tirer débat ou enseignement, mais pas totalement au détriment des droits patrimoniaux. Creative Commons est un système de licence libre, ce qui déjà calque avec notre état d’esprit, et en plus il est clair.

Vous avez de la publicité sur votre site, mais chose rare, vous n’utilisez pas Google Adsense, mais votre propre régie. La pub est ciblée ? Niveau données personnelles, ça se passe comment ?

Oui elle est très ciblée et gérée en externe de la rédaction depuis tout temps, sauf l’infra technique qui reste elle en interne. Les données personnelles que dire… On s’en fout, pour être clair. Nous demandons le strict minimum pour une ouverture de compte (qui par ailleurs n’est pas obligatoire pour participer sur CDH) et avons refusé, là aussi du tout temps, d’en avoir une utilisation autre que celle prévue pour le fonctionnement du site. Le reste ne nous intéresse tout simplement pas : on ne s’en sert pas et nous n’avons aucune intention de le faire.

Le cloud gaming tu y crois ? Bientôt plus de PC dans nos maisons ?

Si on avait dit il y a 20 ans que la VOD sauce N*tflix aller supplanter les supports traditionnels, à priori pas mal de monde aurait rigolé. Et pourtant. Le cloud gaming ne fait qu’emboîter le pas de cette tendance démat’ du service, cependant y apporter une solution est plus complexe. J’y vois 4 axes de réflexion, sans parler des habitudes de consommation :

l’innovation technologique, au ralenti depuis une petite décennie et sous exploité du fait du pilotage de l’industrie par le dictat des consoles ; l’infrastructure technique de connexion côté client, plus restrictive ; l’impact écologique ; enfin, la foire latente côté licences, très confusante pour le client et amenant des situations comme a connu Geforce now en début d’année. Les points soulevés vont plutôt dans le sens d’un avenir tourné vers le cloud. Cela dit… un PC ne sert pas qu’à jouer !

Je ne poste rien sur Twitter, Facebook...

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